Préface

On m’avait dit, tu verras, le monde n’est pas si grand que ça et, si tu lui porte un peu d’attention, tu y découvriras ses trésors cachés qui te donnerons juste envie de continuer à le découvrir encore et encore, au risque d’être un peu plus étranger dans ton pays. Chaque voyage laissant un morceau de soit à l’étranger jusqu’à devenir définitivement un étranger dans son pays.

Alors j’ai marché sur la place Tien An Men et sur la place rouge. J’ai contemplé le Taj Mahal et la muraille de chine. Je me suis pris d’attachements pour les temples d’Angkor et d’Ayutthaya. J’ai admiré la cathédrale Saint-Sophie d’Istanbul et de Kiev. J’ai pénétré dans le ghetto de Varsovie et dans les charniers des khmers rouges. J’ai flâné dans les rizières du Cambodge et de la Birmanie. J’ai admiré les dauphins du Laos et les éléphants du Rajasthan. J’ai laissé mon emprunte de pas sur le sable des déserts Marocain et Pakistanais. J’ai écouté les cloches de Big Ben et les Muezzin d’Algérie. J’ai croisé les mines du Cambodge et les attentats de Casablanca. J’ai gouté aux épices de Tunis et de Jaipur. J’ai bu du vin dans les pubs Irlandais et de la Vodka sur les bords de la Moskova. J’ai mangé des Kebab à Marrakech et des criquets grillés à Phnom Penh. J’ai senti le flegme Britannique des rues de Londres et de Singapour. J’ai dansé dans les clubs de Kiev et les Karaoké de Manille. Je me suis posé sur les bords du Danube à Budapest et du Mékong à Saigon. J’ai vu les tours de Kuala Lumpur et de Hong-Kong. J’ai discuté avec les moines bouddhistes de Luang Prabang et les prêtres orthodoxes de Paphos. Mais il reste encore tant de chose à découvrir…

Effectivement devenu un peu étranger dans mon pays, j’ai découvert de nombreuses richesses au-delà de toutes ces merveilles. J’ai découvert la bonté de l’homme, la chaleur de courtes rencontres loin de tout, et avec des gens qui ont beaucoup moins que je peux avoir moi-même ou beaucoup plus mais qui ne portaient pas d’attention particulière à ces éléments. Ces instants à travers le monde m’ont enrichi plus que ne pourrait m’enrichir n’importe quelle profession. Cette richesse c’est la rencontre de l’autre, l’échange et le partage d’émotions entre deux personnes que rien n’aurait du faire se rencontrer…

J’ai essayé de coucher ces quelques lignes pour pouvoir partager ces instants, même si ma première qualité n’est sans doute pas l’écriture. Je trouve dommage de ne pas faire partager ces instants magiques, loin des sentiers battus par les cars de touristes, là ou la richesse humaine est plus forte que son histoire et ses monuments. Là ou la richesse ne se mesure que par un sourire et, ou la monnaie d’échange n’est autre, qu’un autre sourire.

Je demande donc pardon à ceux, qui, ayant un penchant et un talent littéraire assez prononcé, pourrait me reprocher certaines tournures de phrases assez maladroite ou même l’utilisation d’un vocabulaire limité. Ces lignes ont été écrites souvent sur le moment, dans un champ au milieu de nulle part assis dans l’herbe avec une feuille de papier sur les genoux, une chambre d’hôtel au bout du monde sur un bloc note voir même un cyber café avec un clavier non-conforme et sans accent. Je demande également pardon à ceux pour qui «voyage» rime avec «confort» et «luxure» et qui risque de trouver ma manière de voyager très étrange. Cette méthode n’est que le fruit d’une volonté de sortir d’un environnement trop fermé dans lequel je vie habituellement. Ces voyages constituent une sorte de soupape qui s’ouvre et me permet de respirer. Je demande également pardon aux gens que j’ai croisés et pour qui, dans un souci de préserver leur identité, j’ai modifié leur nom dans ces récits.

Je tiens à remercier, tous ces gens sans qui cela n’aurait pas été possible. Mais aussi ceux qui m’ont donné envie de le faire et ceux qui m’ont permis de continuer et de faire ces voyages. Ceux qui m’ont donné la volonté d’aller plus au fond des choses, qui m’ont donné le goût de ces découvertes. Ceux qui m’ont accompagné dans les bons comme les mauvais moments un peu partout autour du monde. Ceux qui m’ont encouragé dans la rédaction de ces pages, un peu laborieuse parfois. Ceux qui m’ont supporté même quand j’ai pu les rejeter pour des raisons stupides et caractérielles. Ceux qui m’ont donné de bons conseils pour faciliter certains passages lors de ces voyages. Ceux qui ont eu la gentillesse de relire ces pages avant leur édition. Ceux qui m’ont accueilli tout au long de ce parcours. Sans oublier ceux qui prendront du plaisir à lire ces quelques pages.

Enfin, je dédie ces lignes à ma Mère, qui a toujours souhaité que je puisse voyager autant que possible et qui fait partie de ces gens qui m’ont donné la volonté de réaliser ces voyages. Je dédie ces lignes à ceux chez qui ces lignes pourraient créer un déclic et leur donner envie de suivre mon chemin ou d’en découvrir d’autres. Je dédie ces lignes à ceux que j’ai écartés de ma route sous le prétexte de vouloir découvrir le monde. Plus généralement, je dédie ces lignes à ceux sans qui tout cela n’aurait pas été possible et pour qui j’espère être à la hauteur du témoignage qu’ils méritent.

Moscou, Mai 2009

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