La cathédrale Sainte-Sophie à Kiev, probablement le site le plus connu d’Ukraine, est le premier site Ukrainien inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un monument de la Rus’ de Kiev, c’est à dire quelque part les origines de ce qu’est devenu le peuple Russe aujourd’hui (en tous cas Russie, Bielorussie et Ukraine).
Le nom de cette cathédrale a été donné par rapport à la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople, alors qu’il semble que sa construction se soit plutôt inspirée de la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod. Conçue pour rivaliser avec l’église Sainte-Sophie de Constantinople, la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev symbolise la « nouvelle Constantinople », capitale de la principauté chrétienne créée au XIeme siècle dans une région évangélisée après le baptême de Saint-Vladimir en 988.
Les premières pierres de l’édifice furent posées en 1037, mais c’est seulement une vingtaine d’années après que la cathédrale fut achevée. Elle est composée de cinq nefs, de cinq absides et de 13 coupoles, chose assez inhabituelle pour l’architecture byzantine. Elle est entourée sur trois côtés de galeries à deux étages, et occupe une surface de 37 sur 55 mètres au sol. L’intérieur a conservé des mosaïques et des fresques du XIe siècle, ainsi qu’une représentation de la famille de Iaroslav le Sage.
La cathédrale a été la nécropole des premiers souverains de la Rus’ de Kiev, notamment Vladimir II Monomaque, Vsevolod Ier de Kiev et, bien entendu, son fondateur Iaroslav le Sage ; c’est d’ailleurs la seule tombe qui ait survécu au temps.
La cathédrale a été laissée à l’abandon après le pillage de Kiev par les Tatars en 1240 et ce jusqu’à ce qu’en 1633 le métropolite Pierre Mohila la revendique. Elle fut partiellement reconstruite en style ukrainien baroque sous la direction de l’architecte italien Octaviano Mancini. Le travail s’est terminé en 1740, donnant à l’ensemble son apparence actuelle.
Après la Révolution russe de 1917, et lors de la campagne de persécution religieuse dans les années 1920, le gouvernement planifia la destruction de la cathédrale et sa transformation en parc dédié aux « Héros de Perekop » faisant référence à une victoire de l’armée rouge lors de la guerre civile. La cathédrale a été préservée grâce aux efforts de nombreux scientifiques et historiens. Néanmoins, en 1934, le gouvernement confisqua le bâtiment et ses abords, et le transforma en musée.
À partir de la fin des années 1980, les dirigeants soviétiques puis ukrainiens promirent le retour à l’église orthodoxe. Cependant, comme plusieurs confessions s’en partageaient l’héritage, il fut décidé d’instituer une alternance d’occupation des locaux : toutes les églises orthodoxes avaient le droit d’y conduire des offices, mais à des dates différentes. Cette situation prit fin à l’occasion des cérémonies d’enterrement du Patriarche Volodymyr, lorsque la police anti-émeute dut intervenir aux abords de la cathédrale. Cette dernière a depuis été convertie en musée du christianisme en Ukraine, et la plupart de ses visiteurs sont des touristes.
Coucou Yvan.
j’aime beaucoup les couleurs et les formes de cet édifice.
Viens de me rappeler que ce sont les byzantins qui ont évangélisé la Russie. La religion et les lieux de culte ont parfois été malmenés dans cette région, comme en Chine…
C’est bien que tu refasses des posts.
Bisous. Marie
Merci beaucoup Marie. J’essai de me remettre un peu à ce blog :)