Certains diront qu’il n’est pas nécessaire de parcours toute l’Europe afin d’y trouver la culture Russe. En effet, au beau milieu de Paris j’y ai trouvé une Cathédrale dédié à cette culture et cette religion. Elle se trouve rue Baru, non loin de l’avenue Hoche dans le 8ème arrondissement. Comme quoi, il y a beaucoup de chose à découvrir dans Paris.
L’église est dédiée à St Alexandre Nevski, grand duc de Novgorod (1219-1263), un des grands héros national russe, qui fut canonisé pour avoir sauvé la Russie en battant les Suédois en 1240 près du fleuve Neva, puis en sauvant à nouveau son pays en 1242 à la fois des Suédois, des Lithuaniens, des Chevaliers Teutoniques et des Mongols.
Cette église a été inaugurée le 12 septembre 1861, elle fut construite grâce à l’initiative du père Joseph Vassiliev, aumônier à l’ambassade de Russie. Celui-ci souhaitait doter Paris d’une église orthodoxe digne de ce nom. Des fonds venus de Russie (le tsar Alexandre II contribua lui-même à hauteur de 150 000 francs or), de toute la communauté russe d’Europe et l’action de deux architectes du tsar (Kouzmine pour les plans et Strohm pour la réalisation sur place) ont contribué au succès de ce projet. Cette église est toujours la plus grande église orthodoxe de Paris.
Le style de cette église est selon l’expression même du père Vassiliev « byzantino moscovite ». Le plan en croix grecque et la mosaïque du fronton sont d’inspiration byzantine, mais les 5 bulbes dorés qui s’élèvent, surmontés de croix orthodoxes à huit branches, sont de style moscovite. Encore faut il se méfier de ces étiquettes « style ceci ou style cela… », quand on sait que plusieurs cathédrales du kremlin à Moscou ont été construites par des architectes vénitiens…
Les 5 bulbes symbolisent le Christ accompagné des 4 évangélistes, ils sont dorés pour évoquer la flamme des cierges qui s’élèvent vers le ciel.
Après la révolution de 1917, de nombreux russes sont venus se réfugier à Paris. La cathédrale Alexandre Nevski ne fut alors plus seulement considérée comme un lieu de culte: elle devint de fait un lieu de rencontres régulières pour une communauté dispersée et un lieu de nostalgie pour une patrie perdue.
D’autres événements importants se sont déroulé dans cette église : le 12 juillet 1918, Pablo Picasso y a épousé la danseuse russe Olga Koklova. Les témoins étaient Jean Cocteau, Max Jacob et Guillaume Apollinaire.
Plusieurs grands artistes russes (dont certains ne pouvaient retourner en Russie) ont eu leurs obsèques célébrées ici : l’écrivain Ivan Tourgueniev en 1883, le musicien Féodor Chaliapine en 1938, le peintre Wassily Kandinsky en 1944, l’écrivain poète et prosateur Ivan Bounine en1953, le cinéaste Andreï Tarkovski en 1987 ainsi que l’écrivain Victor Nekrassov.
Cette église et la présence ancienne de la communauté russe dans les rues adjacentes confèrent à ce lieu un charme discret qui contribue au plaisir des promenades parisiennes en dehors des sentiers battus.
