Davao – La plus grande ville du monde

En fait il semblerait que ce soit la seconde plus grande ville du monde en terme de superficie mais elle ne contient que 1 million d’habitants, autant dire qu’il y a de nombreux espaces vides, comblé par des champs, des petites palmeraies sauvages ou encore des terrains non construits à vendre ou à louer. A la sortie de l’aéroport certains distribuent des prospectus d’investissement immobilier en cours.

La ville de Davao a quelque peu faire parler d’elle à cause de la guerilla urbaine dans les années 80 puis plus récement avec l’attentat de son aéroport en 2003, Il faut dire que Davao est aussi la capitale de la région de Mindanao et c’est ici qu’il y a encore de nombreuses guérilla dirigées par les extrémistes musulmans (MILF – Moro Islamic Liberation Front), notamment venant de l’ile de Jolo, mais ce qui se passe ici n’intêresse pas trop les médias européens.

De plus, dans le sud des Philippines réside un code de l’honneur qui s’appele « Rido » et ressemble beaucoup à la mafia américaine avec des conflits de clans ou de familles qui peuvent durer des années. Depuis 1920 ce « Rido » à fait plus de 4500 morts et 3000 disparus. Les deux derniers en date ont eu lieu hier soir à 30m de mon hôtel lorsqu’un gars à moto s’arrête devant le café, sors un fusil mitrailleur, et abat de sang froid un gars de 32 ans et un autre de 16 ans, tous les deux en train de boire une biére. Ici l’arme lourde est de rigueur, comme partout aux Philippines, puis elle figure même en publicité dans les quotidiens. A l’entrée de chaque hôtel ou restaurant, vous pouvez déposer en consigne votre AK47 ou votre M16. Dans la réalité ça ne tire pas trop et la ville est plutôt très calme, peut-être même trop par contre l’armement lourd est largement visible devant les grands magsins et banques. Le gouvernement est très présent et fait tout son possible pour améliorer la situation. Le résultat est très positif à Davao, cela en est même devenu une fierté locale, notament à l’époque ou le sport favori de Manille était l’enlèvement de personnalité. Malheureusement, ce calme n’est pas vrai dans toute la région.

Depuis l’aéroport, il est difficile de se rendre compte à quel moment on entre dans la ville. En fait je pense qu’à l’aéroport on y est déjà. Cependant, autour il n’y a que de vastes champs avec quelques maisons par-ci par-là. Comme en Inde, hors du centre, pas de trottoir et pas de signalisation. Par contre, même si c’est un peu l’anarchie sur la route entre les taxis, les jeepney, les tuk tuk à moteur et ceux à pédales, l’ensemble reste fluide et il est possible de rejoindre le centre en moins de 30 minutes pour peu que le bruit des klaxonnes et le taux d’humidité supérieur à 80% sous 36 degrès ne vous achéve pas.

Dans le centre, la ville est bien différente. Il y a des boutiques partout avec des trottoirs super haut et des devantures très basse. Quand on fait 1m90, ça touche et ça fait mal. Ici tout se vends au coin de la rue, des fruits, des téléphones, de vieilles télévisions cathodiques avec 3cm de poussiére, des poignées de portes… Certaines boutiques disposent d’un fer à souder prêt à réparer votre téléphone portable ou votre système karaoké.

Une des spécialités de Davao et de la région c’est le Durian. On dit ici que ça sent comme le diable mais que ça à le goût du paradis. « It smells like hell and tastes like heaven ». Certains iront jusqu’à dire que si vous goûtez le durian vous aurez toujours envie de revenir dans cette ville. Ce n’ai pas faux mais toujours est-il que le durian, de part son odeur est devenu interdit dans de nombreuses boutiques, restaurants, aéroport et hôtels. D’ailleurs dans la rue, pour en trouver, il suffit de renifler un peu.

Dans la ville de Davao, il n’y a rien de particulier à voir, juste se laisser porter par le flux et reflux de la vie ici, prendre un verre dans un café, discuter avec les gens du coin qui viennent d’eux même par surprise de voir un européen ici. D’ailleurs dans la rue tous le monde se retourne pour vous sourrire en tapant sur l’épaule du voisin et en vous montrant du doigt, des gamins s’arrêtent de jouer surpris de vous voir…. Il faut dire que Davao n’est pas vraiment une destination touristique, elle véhicule toujours dans le nord le sentiment de terreur des guérillas urbaines et, en interrogeant des gens de Manilles, ils vous diront tous de ne pas venir ici car c’est trop dangeureux (heureusement les choses changent).

Parsemé un peu partout dans la ville, il y a des églises. Les catholiques, contrairement au reste de la région qui est musulmanes, réprésentent 80% de la population à Davao. Les eglises sont de construction récentent parfois surprenante comme celle de « Iglesia ni Christo » sur Cabaguio avenue qui semble iréelle tellement elle est blanche et se détache du reste du quartier. Juste à coté, il y a un temple boudiste chinois qui ne casse pas des briques et un temple Taoiste Chinois assez joli avec sa pagode rouge. Il semble ouvert 24/24 car il suffit de sonner pour que le jardinier vienne ouvrir.

Quand la nuit tombe, les philippins se regroupent dans des endroits ou se trouve une dizaine de restaurants et Karaoké et avec de préfèrence le wifi. Cherchez un hot spot wifi et vous trouverez les endroits animés de Davao ou, cherchez simplement le bruit d’un Karaoké, le sport favori des Philippins. Sinon, il suffit d’aller à Venue sur Jacinto extension ou Zirkle sur J.P.Laurel avenue, il s’agit des deux plus grosses boites de nuit de Davao. Attention tout de même pour les fumeurs, Davao est une ville non fumeur même dehors, ce qui signifie que pour fumer, il faut prendre son temps pour trouver l’endroit sous peine de devoir payer 1000 pesos d’amende à tous les coin de rue.

A l’écart de Davao, pour les fans de nature, il y a le mont Apo qui signifie Grand Père de toutes les montagnes. Il n’est pas aussi célébre que le mont Pinatubo au Nord de Manille mais c’est le plus haut des Philippines avec 2954m. De part l’environnement plus que sauvage autour du mont, l’aide d’un guide local avec porteur est plus qu’indispensable. Pour ça, il faut voir le Kidapawan Tourism Council à Davao. Sinon, l’ascension c’est 5 jours de jungle tout de même.

Pour les moins téméraires mais tout de même passionné de nature, il est possible de faire des descentes en rafting ou de découvrir une espèce fabuleuse, l’aigle des Philippines. Il est aussi appelé l’aigle mangeur de singes et c’est l’aigle avec les plus grandes ailes du monde. Je ne suis pas un expert en aigles, mais cela sont impressionants.

Pour les plages dans la région ce n’est pas très évident. Ici c’est une terre volcanique et les plages sont noires. Deux iles font exceptions à la régle, il s’agit de Samal la plus grosse à environ 500m de la cote et Talikud beaucoup plus petit et situé au sud de Samal. Malheureusement le temps n’était pas au top pour que je puisse pleinement profiter de l’endroit, cependant, pour ceux qui cherche une jolie plage avec rien à faire et loin de tout, c’est ici qu’il faut être.

A coté d’un décor de vie assez agréable ou les gens semblent se plaire à vivre ici sans être trop riche ni trop pauvre, à se retrouver en groupe d’hommes ou de femmes le temps de quelques chansons dans un karaoké ou simplement dans un jeepney, il y a une face moins agréable des Philippines que j’ai pu cotoyer en prenant un vers à l’hôtel Apo view dans le centre de Davao. Autour de la table juste à coté de moi se trouvait trois personnes. Une jeune femme philippines d’à peine vingt ans, un vieil homme européen d’au moins 60 ans avec son ventre beudonnant et ses lévres boursouflés et un Philippins d’environ 40 ans avec un débit de parole digne d’un bon commercial. Seul le philippin semblait heureux d’être là. Il discutait sans arrêt avec l’européen qui ne regardait jamais la jeune femme qui semblait bien loin de la discussion et m’envoyait quelques regards à la fois étranges et attendrissants. La préocupation du Philippin était l’organisation d’un mariage, les formalités nécessaire et surtout l’argent nécessaire. Après quelques minutes de discussion, le philippins serra la main de l’européen comme pour valider un accord puis disparu de l’hôtel avec un énorme sourire et sans aucun mot vers la jeune femme, à la limite du mépris. Puis ce couple étrange est parti main dans la main. J’ai eu droit à un dernier regard puis plus rien… A Manille certaines choses se font au grand jour dans certains quartiers. Davao ne tiens pas à ce genre de chose, alors c’est plus confiné. Une triste réalité tout de même.

Pour mon départ j’ai été confronté à l’extrême efficacité des Philippins. En principe en Asie, on peux faire tout et n’importe quoi n’importe quand, on fini toujours par atterir sur ces pates et trouver le bon filons en un minimum de temps. Mais là, on est un peu à coté de l’asie chez Cebu Pacific. D’abord pour réserver sur internet c’est très simple. Après 25 clics pour choisir le vol on vous dit qu’il n’y en a pas à la date choisi. Pas de problème je choisi la suivante quitte à rester un jour de plus. Là, le vol demandé apparaît, celui de la veille biensûr. Je rentre toutes les données nécessaires jusqu’à ce que ma carte soit refusée car non vérifiée. Ici, il faut que la carte soit vérifiée mais personne ne sait comment faire puis je n’ai pas trop le temps de fouiller.

A Davao, il y a une agence Cebu Pacific. Un fois sur place, je prends mon ticket et j’attends 2h chrono pour booker un vol de 45 minutes. Je ne sais pas ce que les gens demandes mais ça prend du temps. Coté staff, il y avait bien 20 personnes mais juste deux comptoirs ouvert. La numérotation des tickets de file d’attente est marrante aussi. Je prends le numéro 93 dans une petite boite en plastique et le ticket suivant porte le numéro 96. Le principe est simple, le staff prend des numéros dans la liste, genre un sur deux, comme ça si un pote arrive il suffit de lui donner un des prochains numéros pour lui éviter d’attendre.

Je mange un morceau chez Jobilee, une sorte de Mac Donald local puis je saute dans un taxi qui me dépose tout juste 2h avant le décollage de mon avion. Pour un peu en arrivant à 12h à l’agence, j’ai failli ne pas pouvoir prendre mon vol de 17h.

Tout cela n’était pas sans compter sur l’esprit malin des gars de manille qui ont créé un nouveau terminal et qui du coup m’ajoute 3h de retard à cause d’un transfert de terminal à Manille. L’avion précédent s’étant trompé de terminal à son arrivé à Manille. Résultat, j’ai tous le temps devant moi, 5h dans un aéroport ou il n’y a strictement rien à faire. Remarquez il m’est arrivé la même chose à Tarbe dans le sud de la France.

Davao, une ville ou je ne regrette pas d’être passé bien au contraire, ou j’aimerai rester beaucoup plus longtemps et notament explorer la route qui mène à Cagayan des Oro et les Iles Camiguin… Ou vers Zamboanga et Jolo pour le moment malheureusement fortement déconseillé.

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