Premier jour de visite : réveil à 6h pour un rendez-vous avec mon chauffeur à 7h. Je laisse quelques bagages à l’hôtel histoire de ne pas trop me charger pour ces deux jours. Il arrive largement en retard et en plus, il ne parle pas un mot d’anglais. Petite déception, j’aurais dû poser la question. Je pensais qu’il parlait au moins quelques mots, le strict minimum. Je demande à la réceptionniste de l’hôtel de lui réexpliquer le programme histoire d’être sûr du déroulement de la journée et nous voilà partis.
Sur la route, je vois des champs de riz partout, les premiers de mon séjour. Une chose me saute aux yeux, ce sont toutes ces tombes partout, de couleur blanche, rouge où grise, qui sont en plein milieu des champs. Je lis dans mon guide de voyage que ce sont les propriétaires des champs qui y sont enterrés par tradition ; les gens des villes étant adeptes quant à eux des crémations.
Historiquement, le culte des ancêtres constitue la plus vieille pratique religieuse du Vietnam. Nombreux sont les Vietnamiens qui s’en contentent car, pour honorer leurs ancêtres, pas besoin d’aller à la pagode ni de sortir de chez soi. Il suffit de rester à la maison et de prier ses ascendants devant un autel qui leur est destiné. Tous les Vietnamiens pratiquent ce culte domestique depuis l’aube des temps. Les Vietnamiens considèrent que les âmes de leurs parents survivent après leur mort et qu’elles protègent leurs descendants. Dans chaque maison, l’autel des ancêtres occupe une place importante ; il est le cœur du foyer. C’est devant cet autel que les grandes décisions se prennent, que les enfants se marient, etc…
J’arrive à l’ancienne ville de « Hoa Lu », après 80 kms et 2h de route, il est 9h30. Sur mon programme, je devais commencer par « Tam Coc », ça commence mal. Comme le chauffeur ne comprend rien, j’appele son patron qui me dit de ne pas m’inquiéter. Ca c’est facile…
Je visite les temples de « Hoa Lu », le Temple de « Dinh Tien Hoang » d’abord puis celui de « Lê Dai Hoang ». Ces temples ont une empreinte et des signes chinois, certaines couleurs sont jaunes, gris. Des bonzaïs qui me semblent géants sont disposés dans la cour de l’un d’eux. Des allées bordées de bassins les entourent. Je me promène dans la ville, talonnée par quelques villageois. Le paysage est fait de cours d’eau, recouverts de nénuphars, avec quelques bateaux et au loin des pains de sucre. Ce paysage est très beau et semble un peu oublié.
Je monte ensuite jusqu’à la tombe du roi du temple de « Dinh Tien Hoang », en haut de la colline, après 265 marches. Un bel effort sous cette chaleur, mais quel paysage magnifique, arrivés en haut.
En redescendant, j’achète un pamplemousse à une dame qui tient un stand en bord de route. Elle me le coupe à la machette avec un dextérité qui limite ma négociation du prix. Excellent, très différent de chez nous, et surtout pas amer. Il faut dire que s’il n’avait pas été bon, je ne me serait pas forcément plein, vu la machette.
Le paysage ici est magnifique, de l’eau, des nénuphars, des canards, des barques…; une petite ville ou plutôt village qui semble endormi. Une femme vient laver son linge au puits. On dirait que le monde s’est arrêté ici.
Vers 11h30, je prends la direction de « Tam Coc », pour une balade en bateau, le temps est couvert mais après les averses d’Hanoi, il ne faut pas se plaindre. Je comprends que le village est organisé en coopérative pour assurer les balades sur la rivière. A 12h, je monte dans une barque avec deux femmes, la mère et la fille qui pagaient. La mère parle un peu français et engage vite le dialogue. Les bateaux se suivent, il faut dire c’est un endroit très touristique mais le passage par ici semble obligatoire.
Je traverse un cadre magique, sur une eau pleine de nénuphars, au milieu de rochers immenses en forme de pains de sucre; nous passons sous les montagnes trois fois de suite, genre de grottes, cet endroit porte le nom de baie d’Halong terrestre. Curieusement, nombre de personnes rament avec leurs pieds, c’est une méthode traditionnelle qui me surprend. Cette rivière est empruntée par de nombreux touristes mais aussi par les locaux et fait partie intégrante de l’histoire de la région.
Dans la rivière, des femmes courbées avec leur chapeau conique ramassent des gros escargots et les mettent dans une sorte de cabas rose en plastique. La femme me les montre de près, ainsi que leurs chapelets d’œufs roses. La balade dure environ une heure et demie. A mi chemin, des barques nous accostent pour me vendre boissons et friandises que je refuse poliment. Elles insistent pour que j’achète à boire aux dames qui pagaient notre barque, je fini par accepter pensant que sinon j’allais rester ici plus que nécessaire. Quelques 100 mètres après être répartis, elles arrêtent la barque et sortent diverses choses à me vendre : nappes, etc… le concept est agaçant car je ne peux aller nulle part. Je commence par refuser mais me rend vite compte qu’elles ne comptent pas redémarrer tant que je n’ai rien acheté… J’achète donc une petite nappe à 5 euros, soit plus cher que la balade elle-même, mais c’est le jeu ici. Ca m’énerve un peu, mais bon, ça fait partie des aléa de ce genre de parcours … Bref, nous revenons au point de départ, et je pars manger une soupe sur le bord de la route. Il est déjà tard, 14h, et j’ai eu bien chaud en plein soleil sur le bateau.
Après le déjeuner, je continue vers « Halong », via « Haiphong ». Je reçois un coup de fil de l’agence qui me dit que je n’aurai pas le temps de faire le programme prévu l’après-midi. Plutôt déçu, j’acquiesce avec peu de choix possible. Le chauffeur à un comportement assez étrange, il refuse même de s’arrêter pour aller aux toilettes, il faut que je me fâche pour une pause de 5 minutes… Sa préoccupation est plutôt de me déposer au plus vite.
J’arrive à l’hôtel Van Hai à « Halong » à 18h au lieu des 19h30 prévus, j’avais donc largement de quoi m’arrêter aux endroits prévus. Je suis vexé et appele l’agence pour râler. Le patron comprend et me propose un remboursement. Du coup, j’annule l’autre journée prévue, je me débrouillerai autrement.
Ma chambre est assez grande et je ne réalise pas encore que cet hôtel, placé au point culminant des ferry, est en fait un vrai cauchemar d’embouteillage et de klaxons. Je sors me balader en bord de plage et déambule dans le marché. J’achète quelques souvenirs, dont un grand crabe en bois. Je dîne encore de spécialités comme des nems, un régal !
Pour les tombes au milieu des champs, tu vois aussi cela en Chine, où les gens de la campagne se font inhumer dans leurs champs. Cependant, la règle est l’incinération en raison du manque de place. Si je me souviens bien, à la campagne ou chez les minorités, l’inhumation est autorisée.
Désagréable la vente forçée… Ne donne pas une bonne image de la population. Mauvais choix, parce que je serais du genre à limiter mes achats ensuite… Il y a des manières plus élégantes de plumer le touriste !
Bisous. Marie
Merci Marie. Inhumation versus incinération c’est souvent une question de religion. Et vu le nombre de religion présente au Vietnam, il est bien difficile de tout comprendre :) Pour la vente aux touristes, je crois que c’est assez général. Enfin, ici ils ne sont pas très agressif quand même.